Votre omelette vous coûte bien plus cher en bilan carbone que vous ne le pensez

La production d’une boîte d’œufs de poules en élevage intensif a un impact environnemental comparable à celui du poulet ou du lait. Même si le bilan carbone des omelettes reste plus faible que celui d’un steak, il n’est pas négligeable.

Il pollue peut-être moins que le steak de bœuf, mais il pollue quand même ! L’œuf est devenu l’une des protéines stars de nos assiettes. Mais ça n’est pas sans effet sur l’environnement. Des scientifiques espagnols, qui ont récemment publié leurs travaux dans le Journal of Cleaner Production, viennent de mesurer l’impact environnemental de la production intensive d’œufs en Europe.

Les chercheurs se sont penchés sur l’intégralité de la chaîne de production. Emballage des œufs, besoins en eau et en électricité des fermes, produits de nettoyage… Les impacts sur l’environnement sont nombreux.

Mais le point le plus préoccupant, c’est l’alimentation qui est fournie aux poules pondeuses dans ces élevages. Bien souvent, il s’agit de nourriture à base de soja et d’huile de palme importés, des denrées qui riment avec déforestation, transformation des terres, émissions de gaz à effet de serre, mais aussi pollution des sols et de l’eau quand ils sont arrosés, par exemple, de glyphosate.

L’autre principal souci soulevé par l’étude, c’est le remplacement permanent des poules. Camille Dorioz, de France Nature Environnement, déplore le rythme de production demandé aux poules en cage : “On leur demande de produire à peu près 300 œufs en un an, sur une surface équivalente à une feuille A4 et au bout d’un an, on les remplace.” 

Un rythme intensif qui demande une filière soutenue pour remplacer les animaux. “Si on était capables de garder les poules pendant un à trois ans pour produire des œufs, on n’aurait beaucoup moins de problèmes de renouvellement et donc pas la création d’un besoin et une consommation d’énergie pour renouveler les poules.”

2,5 kg d’équivalent CO2 pour une douzaine d’œufs

Les chercheurs ont aussi calculé l’empreinte carbone d’une douzaine d’œufs d’un élevage intensif : 2,5 kilos d’équivalent CO2, un niveau comparable au poulet et au lait.

L’impact environnemental d’une boîte d’œufs reste inférieure à celle de la production bovine, mais “ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’en occuper”, souligne France Nature Environnement. En mangeant des céréales, celles-là mêmes qui pourraient nourrir l’Homme, les poules pondeuses font concurrence à l’alimentation humaine, là où le bœuf mange de l’herbe et du fourrage, a priori peu convoités par nos estomacs.

Cela ne veut évidemment pas dire “mangez plutôt du bœuf”.Non, pour les défenseurs de l’environnement, c’est notre consommation globale de protéines animales qu’il faut réduire si on veut préserver la planète.

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